Le jour de Noël approche, mais à Tokyo, c’est la promesse d’un affrontement apocalyptique qui occupe tous les esprits. Après avoir récupéré ses forces et dit un dernier adieu silencieux à ses camarades tombés, Satoru Gojo se présente à Shinjuku le 24 décembre pour honorer son défi. Face à lui se tiennent Ryomen Sukuna, trônant dans le corps de Megumi Fushiguro, et Kenjaku, l’architecte de tant de malheurs.
D’emblée, Gojo exige que Kenjaku s’efface jusqu’au dénouement de son duel avec Sukuna. Intrigué par cet orgueil, Kenjaku consent à attendre, avide de voir ces deux monstres s’entretuer. Commence alors le combat le plus spectaculaire de l’âge moderne. Gojo et Sukuna s’élancent l’un contre l’autre, et dès les premiers échanges, la capitale tremble. Gojo libère le plein potentiel du Sixième Œil et de l’Infini, évitant chaque coup de Sukuna par une fraction de seconde impossible.
Sukuna, lui, exploite non seulement sa propre magie maléfique colossale, mais aussi les dix ombres de Megumi : il invoque d’innombrables shikigamis, dont le colosse Mahoraga – jamais vaincu par aucun sorcier – pour étudier et adapter à la puissance de Gojo. Ils érigent tour à tour leurs Domaines, des sphères d’absolu qui se chevauchent et s’annulent dans des ondes d’énergie titanesques. Shinjuku est ravagé : les gratte-ciels s’effondrent, le sol se fissure en cratères.
Au cours de ce duel, Gojo prend un avantage net : à force de tactique et de maîtrise, il parvient à terrasser Mahoraga après un combat annexe titanesque où son « Orbe Pourpre » transperce le corps du shikigami. Sukuna, contraint de repousser ses limites, sourit de toute sa folie : un éclat d’admiration naît même entre les deux rivaux en cette fraction de seconde où tout semble possible. Dans une dernière collision de Domaines, l’Infini de Gojo submerge Sukuna… du moins était-ce l’apparence. Dans un retournement déchirant, Sukuna révèle qu’il a finalement adapté son énergie à l’Infini.
Profitant d’une ouverture infime après l’ultime échange de Domaines, il libère la technique de tranchant inéluctable de Mahoraga qu’il a assimilée. Gojo, en pleine confiance, n’a pas le temps de réagir : la lame invisible le traverse de part en part. Dans un silence assourdissant, le corps du plus grand exorciste est sectionné. Satoru Gojo, le pilier de la lumière, s’effondre au sol, sa vie s’éteignant avec un sourire paisible alors qu’il pense retrouver ses anciens camarades dans l’au-delà.
Le choc est indescriptible pour ceux qui observaient de loin : l’invincible Gojo est mort, laissant ses élèves et amis éperdus de douleur et de terreur. Sukuna, lui, exulte calmement, savourant sa victoire sur celui qu’il considérait comme son seul égal. Mais la bataille de Shinjuku est loin d’être terminée. Dans un élan d’héroïsme désespéré, Hajime Kashimo, qui avait conservé son énergie pour ce moment, intervient.
Utilisant sa propre réincarnation comme catalyseur, il se mue en un avatar divin de la foudre et fond sur Sukuna. L’affrontement est bref, explosif, incandescent – et se conclut par la défaite de Kashimo, son âme s’évanouissant après avoir tout donné. Pourtant, son sacrifice n’est pas vain : Sukuna a dû puiser encore dans ses forces. C’est le moment qu’attendaient Yuji Itadori et ses compagnons. Yuji, débordant d’une colère froide et d’une volonté farouche, s’avance vers Sukuna.
Il n’est plus l’hôte impuissant de jadis mais un exorciste endurci par chaque combat et chaque perte. Soutenu par Maki, Yuta, Hakari et un Takaba fantasque, Yuji mène la charge finale contre Sukuna et Kenjaku simultanément. D’un côté, Yuta et Maki engagent Kenjaku dans un combat titanesque, défendant l’héritage de Gojo. Kenjaku libère les fléaux accumulés dans son œil maudit et tente de piéger les exorcistes dans un énième Domaine.
Mais Yuta déploie à son tour un Domaine copié de ses combats précédents, contrant Kenjaku tandis que Maki, telle une panthère silencieuse, brise la concentration du fourbe par une attaque furtive. Peu à peu, Kenjaku est submergé ; il tente de fuir en invoquant un golem de chairs maudites, mais c’est Choso, survivant agonisant, qui émergera pour l’agripper et l’emporter dans une explosion suicidaire, mettant un point final à la longue folie de Noritoshi Kamo. Face à Sukuna, Yuji se déchaîne.
Chaque coup qu’il assène résonne avec l’esprit de ses camarades tombés : Junpei, Nanami, Nobara, Gojo… comme s’ils étaient tous derrière lui. Takaba, dans sa fantaisie imprévisible, parvient même à arracher un rire à Sukuna, affaiblissant sa garde par la force absurde de son humour devenu réalité. Maki bondit telle une ombre vengeresse, tranchant l’air à chaque ouverture. Sukuna, acculé comme jamais, refuse de céder ; il tente de rallier l’ultime vestige de Megumi à son aide, cherchant à faire surgir une dernière fois Mahoraga.
Mais c’est l’inverse qui se produit : l’âme de Megumi, poussée à bout par la profanation de sa sœur et le choc de la mort de Gojo, se réveille un instant dans un sursaut de rage et de détresse, suffisant pour entraver Sukuna de l’intérieur. Yuji ne manque pas cette chance. Concentrant tout ce qu’il lui reste d’énergie et de courage, il porte un coup décisif, un Black Flash qui vient fracasser le démon.
Sous l’impact, le corps de Sukuna/Megumi s’effondre, vaincu. Uraume, le fidèle serviteur de Sukuna, tente d’attaquer Yuji dans un ultime élan de ferveur – mais Yuta, revenu en un éclair, l’arrête net. Face à la perte de son dieu et n’ayant plus de raison de vivre, Uraume se donne la mort, préférant rejoindre Sukuna dans l’autre monde. Le silence retombe sur Shinjuku en ruines. La nuit, éclairée par les flammes des combats, cède le pas à une aube blafarde.
Sur le champ de bataille, seuls nos héros restent debout – blessés, endeuillés, mais vivants. Le corps de Megumi est libéré de Sukuna mais plongé dans un coma profond, son esprit brisé errait aux frontières de la folie. Tandis que Yuta et les autres s’affairent à stabiliser les blessures de chacun, Yuji s’agenouille aux côtés de Megumi, murmurant qu’il tiendra sa promesse de le ramener, coût que coût.
Quelques jours plus tard, au Tokyo Jujutsu High dévasté mais toujours debout, une cérémonie sobre honore les morts : un portrait de Gojo souriant trône aux côtés de ceux de Nanami, Yaga, Mai, Yuki et tant d’autres. Nobara Kugisaki, réchappée de justesse de sa blessure à Shibuya après des mois de soins intensifs, se tient aux côtés de Yuji, le regard toujours pétillant malgré la tristesse. À l’issue de cette période sombre, les exorcistes survivants se relèvent peu à peu.
Yuta prend en charge la reconstruction de l’école et la réforme d’un système défaillant, tandis que Maki dirige l’entrainement des nouvelles recrues, déterminée à bâtir un monde plus juste. Dans un épilogue mélodieux, on retrouve Yuji, Megumi – réveillé de son coma par les soins combinés de Shoko et de la volonté farouche de ses amis – et Nobara formant à nouveau un trio. Une mission de routine les attend : un petit nid de fléaux à éradiquer dans la banlieue de Tokyo.
Épaule contre épaule, ils avancent, changés à jamais par les épreuves, mais pas brisés. Tandis qu’ils disparaissent dans la lumière naissante d’un jour nouveau, on comprend que l’héritage de Gojo perdure en eux. L’histoire se termine sur cette note d’espoir doux-amer : le monde des sorciers est sauf, mais le prix payé restera gravé dans leurs cœurs à jamais..